L'accouchement sous épidurale nuit-il à l'allaitement?
L'accouchement sous épidurale pourrait rendre plus ardu l'allaitement, selon des chercheurs australiens.
Les femmes qui reçoivent une anesthésie épidurale pour soulager la douleur de leur accouchement sont en effet moins susceptibles que les autres de nourrir exclusivement leur enfant au sein pendant les premiers jours suivant la naissance, d'après les résultats de cette étude1.
L'étude a été menée auprès d'environ 1 300 Australiennes âgées de 16 ans et plus, qui ont donné naissance à un seul enfant en 1997. Les participantes ont dû répondre à un questionnaire à quatre reprises après l'accouchement, entre la première et la 24e semaine suivant la naissance de leur enfant.
Environ le tiers des participantes a eu recours à une anesthésie épidurale à l'accouchement. Les autres ont utilisé d'autres méthodes, dont certaines non pharmacologiques, pour soulager leur douleur.
Selon les auteurs de l'étude, les femmes qui ont accouché sous épidurale étaient deux fois plus susceptibles de cesser complètement l'allaitement pendant les 24 premières semaines suivant la naissance de leur enfant que les femmes qui ont eu recours à une méthode non pharmacologique d'analgésie pendant leur travail.
L'utilisation du fentanyl (un analgésique opioïde), pendant l'anesthésie épidurale, pourrait expliquer le phénomène. Il entraînerait en effet la somnolence chez le bébé qui aurait ainsi des difficultés à téter dans ses premiers jours de vie, d'après certaines études. Ces complications pourraient se solder par la fin prématurée de l'allaitement.
Les chercheurs évitent toutefois d'associer l'utilisation d'une anesthésie épidurale directement à une fin hâtive de l'allaitement. Ils soulignent que les femmes cessent d'allaiter pour une multitude de raisons. Ils rappellent, par exemple, que les femmes peu scolarisées ont moins tendance à allaiter leurs poupons. [Note de la rédaction du site web de Nourri-Source: Effectivement, il est difficile d'isoler une seule raison de sevrage quand bien souvent il s'agit d'un ensemble de facteurs. Pour les mères qui souhaitent avoir recours à l'anesthésie épidurale, l'idée est de faire le choix consciemment, en se disant qu'il peut y avoir des effets à l'utilisation de ce type d'anesthésie pendant l'accouchement. Il ne faut pas mettre l'allaitement au rencart parce que vous comptez avoir recours à l'épidurale. L'article mentionne bien que les femmes ayant recours à l'épidurale sont "moins susceptibles que d'autres" d'allaiter exclusivement ou sur une période de 24 mois, ce qui implique que beaucoup de femmes allaitent exclusivement même si elles ont eu recours à une épidurale. D'autre part, il vaut toujours mieux d'allaiter, peu importe la durée, que de ne pas allaiter du tout. Pour votre information, une importante étude britannique a démontré que la présence rassurante d'une femme pendant l'accouchement (doula, sage-femme, accompagnante à la naissance ou toute autre femme calme qui a déjà accouché) permet de réduire considérablement le nombre d'interventions pendant l'accouchement (épisiotomie, césarienne, analgésiques, etc.), dont le recours à l'épidurale! Certaines techniques permettent aux femmes d'accoucher plus facilement, sans avoir recours aux analgésiques. Informez-vous! ]
Les résultats de cette étude sont publiés dans le International Breastfeeding Journal.
1. Torvaldsen S, Roberts CL, et al. Intrapartum epidural analgesia and breastfeeding: a prospective cohort study. International Breastfeeding Journal 2006, 1:24. On peut avoir accès à l'étude à cette adresse : www.internationalbreastfeedingjournal.com [consulté le 18 décembre 2006].
Légende : Les notes de la rédaction du site web sont entre crochets.

