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Fédération Québécoise Nourri-Source
Mouvement d'entraide pour l'allaitement maternel

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L'allaitement en Chambre

Quand on est députée et que l'on souhaite allaiter, il n'y a qu'une solution: emmener ses bébés à la colline parlementaire.

C'est ce qu'a fait Caroline St-Hilaire, députée bloquiste de Longueuil-Pierre-Boucher, qui est devenue enceinte à son premier mandat, puis à son deuxième, sans pouvoir bénéficier d'un long congé de maternité. Quand on est élue pour quatre ans, on ne peut s'absenter pendant un an.

Mme St-Hilaire était donc de retour au Parlement un mois après ses accouchements, bébé sous le bras. «Je les allaitais au bureau, ils se rendormaient, puis je les confiais à mes adjointes qui veillaient sur eux pendant que j'allais à la période de questions aux Communes.»

Depuis que la période d'allaitement est terminée, les enfants sont confiés aux bons soins de leur père, sur la Rive-sud de Montréal, pendant que leur mère siège à Ottawa. «Beaucoup de femmes me demandent comment je me sens d'abandonner mes enfants, question qui n'est pas posée à mes collègues masculins aussi papas», poursuit Mme St-Hilaire.

La députée ne se sent pas coupable d'être éloignée de ses enfants, qui ont aujourd'hui 6 ans et 2 ans, mais dit être souvent bouleversée. «J'évite d'appeler à la maison en soirée parce que quand je le fais, je n'arrive pas à dormir. Je m'ennuie trop. Quand ton enfant de deux ans et demi te demande où tu es, c'est difficile. Difficile aussi de rater ses premiers pas et plein d'autres moments importants. J'espère néanmoins que quand ils seront grands, ils seront fiers de ma bataille pour qu'ils vivent un jour dans un Québec libre.»

Père de trois enfants, dont deux en bas âge, le député bloquiste Pierre Paquette est aussi de ces parlementaires aux horaires particulièrement chargés. «Il lui est arrivé de devoir partir d'Ottawa sitôt la période des questions terminée pour aller chercher ses enfants à la garderie à Montréal», relate Frédéric Lepage, porte-parole du Bloc.

L'ennui, quand on est politicien, ce n'est pas tant que l'on rentre tard, «mais bien que l'on ne rentre pas du tout», souligne pour sa part Stéphane Bédard, député péquiste de Chicoutimi. «Notre travail a ceci de particulier que pour la majorité d'entre nous, notre activité principale est à l'extérieur de notre lieu de résidence.»

À cela s'ajoute l'imprévisibilité inhérente à la vie politique: les courses à la direction comme celle-ci déclenchée avant l'été, les lois spéciales en juillet, sans compter toutes ces catastrophes qui vous écourtent des vacances. Le déluge du Saguenay, par exemple, n'avait pas peu foutu à l'eau les vacances familiales de Lucien Bouchard, à l'époque.

«Le plus dur, c'est de ne pas pouvoir tenir les promesses faites à sa famille», admet M. Bédard, dont la conjointe, gestionnaire chez Desjardins, attend leur deuxième bébé.

Certes, les jeunes pères s'impliquent de plus en plus, constate Manon Tremblay, directrice du centre de recherche Femmes et politique à l'Université d'Ottawa. N'empêche, la conciliation politique-famille demeure encore un casse-tête typiquement féminin... «Une députée québécoise m'a d'ailleurs déjà confié que le problème des femmes, en politique, c'est qu'elles n'ont pas de femme à la maison.»

Chose certaine, que le parlementaire soit un homme ou une femme, «le conjoint doit accepter carrément d'être monoparental, sinon veuf, pendant tout un mandat!».


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