Retourner au contenu. Retourner à la navigation

Fédération Québécoise Nourri-Source
Mouvement d'entraide pour l'allaitement maternel

Vous êtes ici : Accueil Revue de presse et communiqués Revue de presse Les banques de lait maternel pourraient redevenir populaires

Les banques de lait maternel pourraient redevenir populaires

En 1934, un couple de fermiers francophones de l'est de l'Ontario a des quintuplées. Les fameuses «jumelles Dionne» ont fasciné les médias. Elles ont été rapidement placées sous tutelle gouvernementale. Pendant qu'elles étaient bébés, elles ont été nourries grâce à des banques de lait maternel, recevant 8000 onces du lait d'autres femmes que leur mère.

C'était la période faste des banques de lait maternel. Le concept est né en 1909 à Vienne, en Autriche, et a atterri en Amérique du Nord, à Boston, en 1919. Dès les années 30, des dizaines de banques de lait maternel existent en Amérique du Nord.

La crise du sida, il y a une vingtaine d'années, a obligé la plupart des banques de lait à fermer. Montréal n'en a plus depuis les années 70 et la seule au Canada, à Vancouver, ouvre et ferme au gré de difficultés financières. À la fin des années 80, l'Association nord-américaine des banques de lait maternel n'avait plus que huit membres.

Depuis, des recherches sur les vertus du lait maternel, notamment contre les inflammations et les infections, ont ravivé l'intérêt pour le concept. L'Association compte maintenant 11 membres. En Europe, le retour est encore plus marqué : le Royaume-Uni compte à lui seul 17 banques de lait maternel.

Mais un récent article du British Medical Journal vient de remettre en question cette renaissance. La néonatalogiste Neena Modi, du Collège impérial de Londres, affirme que les coûts, entre 70 et 350 $ CAN par litre par année, sont trop élevés. Ces dépenses sont encourues par la pasteurisation, le transport et la conservation du lait. De plus, le Dr Modi affirme que la pasteurisation enlève au lait maternel une partie de ses propriétés si singulières. Les coûts sont particulièrement élevés au Royaume-Uni parce que le lait de chaque donneuse est préservé séparément, au lieu d'être mis en commun comme en Amérique du Nord.

[Note : Cette conclusion d'une néonatalogiste est pour le moins étrange... La valeur du lait maternel dépasse largement les coûts engendrés par son traitement et son transport. Le lait maternel sauve la vie de nombreux bébés et évite de nombreuses maladies. Viendrait-il en tête de dire que tel ou tel médicament ne vaut pas la peine d'être commercialisé à cause de son prix si on savait qu'il peut sauver des vies et aider les bébés à être en meilleure santé? En ce qui concerne les effets de la pasteurisation sur certains composants du lait maternel, de nombreux autres composants n'en sont pas affectés. Le lait maternel des banques de lait demeure l'aliment de remplacement de PREMIER CHOIX lorsque le lait de la mère n'est pas disponible. Donc, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain....! D'autre part, le Royaume-Uni aurait probablement intérêt à revoir la façon dont le lait est recueilli et devrait peut-être mettre les échantillons de lait en commun avant la pasteurisation, comme ici en Amérique du Nord...]

Au Centre universitaire de santé McGill, la consultante en lactation Luisa Ciofani précise que le gouvernement du Québec a envoyé récemment un délégué au congrès de l'Association des banques de lait maternel. « Mais selon ce que j'entends, la nouvelle politique de périnatalité, qui sera dévoilée dans quelques mois, ne parlera pas de ces banques «, déclare Mme Ciofani, qui est infirmière spécialisée en obstétrique. « Et le Québec est généralement en avance en périnatalité, par rapport à ce qui se fait dans le reste de l'Amérique du Nord», ajoute-t-elle.

Retour en force ?

Cela dit, Mme Ciofani n'exclut pas que les banques de lait maternel deviennent plus populaires.

« Les bébés prématurés, souvent, ne peuvent pas téter. [Note: En fait, dès 32 semaines de gestation, les bébés prématurés peuvent prendre le sein, et recevoir un supplément pendant la tétée s'il y a lieu, avec un Dispositif d'Aide à l'Allaitement, tel que cela se fait avec succès dans les pays scandinaves.] Or, ils sont particulièrement vulnérables à des infections qui peuvent laisser des séquelles à long terme. Et il est parfois difficile pour une mère de tirer son lait tout de suite après l'accouchement. De plus, on ne connaît pas tous les bénéfices du lait maternel. Il y a une équipe à Toronto qui fait des recherches sur l'utilisation du lait maternel pour lutter contre les cancers oesophagiens.»

Dans certains pays, les banques de lait sont particulièrement populaires à cause de facteurs culturels, ajoute Mme Ciofani. « En Amérique latine, il est parfois acceptable d'allaiter le bébé de sa soeur ou même de son amie, dit-elle. Au Brésil, les banques de lait sont tellement répandues que ce sont les pompiers qui font la collecte du lait maternel.»

Les cas où une femme ne produit pas de lait sont très rares. « Les causes sont surtout hormonales, par exemple l'hypothyroïdie [Note: si elle n'est pas traitée] , dit Mme Ciofani. Une chirurgie pour traiter un cancer du sein peut parfois empêcher la production de lait dans l'un des deux seins. Il existe toutefois des femmes qui choisissent de ne pas allaiter pour des raisons personnelles, ou parce que c'est trop douloureux physiquement ou difficile mentalement.[Note : en fait, c'est souvent par manque de soutien et d'information que c'est "douloureux ou difficile"...] »

Certains spécialistes cherchent d'ailleurs à déculpabiliser les mères qui n'allaitent pas.

Dans son livre The New Basics, le pédiatre new-yorkais Michel Cohen avance que les bénéfices de l'allaitement maternel sont peut-être surévalués parce que les femmes aisées et instruites ont davantage tendance à allaiter que les femmes de milieux plus défavorisés. Cela pourrait fausser les analyses. [Note: Ceci est totalement farfelu, d'autant plus de la part d'un pédiatre! Nombre d'études scientifiques ont démontré et continuent de démontrer jour après jour les immenses bénéfices du lait maternel et de l'allaitement. Et que dire des effets dévastateurs du non-allaitement dans les pays en voie de développement...? Là où l'éducation et la richesse ne sont pas l'apanage des femmes...! Lorsque les enfants là-bas sont allaités, leurs chances de survie et de meilleure santé sont décuplés!]

Au Québec, 85 % des mères allaitent leur enfant [Note: ce chiffre n'est pas réel pour le Québec entier, car d'une régìon à l'autre, cela varie]. Cette proportion chute toutefois à 67 % deux mois après la naissance. La région où les mères allaitent le plus souvent est Montréal, avec un taux de 79 % après deux mois. La Côte-Nord est en queue de peloton, avec un taux d'allaitement après deux mois de 35 %.

Légende : Les notes de la rédaction du site web sont entre crochets.


Création : WebConforme Ciné Bout'Choux