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Les mères influent sur le bagage génétique... après la naissance

Selon les recherches du Dr Moshe Szyf de l'Université McGill, lorsque la mère donne de l'affection à son enfant, le cerveau du poupon répond en sécrétant, entre autres choses, de la sérotonine.

Les mères qui stimulent leurs enfants ont plus de chances d'activer les gènes de leur progéniture et d'améliorer leur développement. Ces conclusions du Dr Moshe Szyf, de l'Université McGill, ont de quoi déranger.

Présentées dans le cadre du Congrès international de toxicologie de Montréal, elles ébranlent les croyances au sujet de l'interaction entre l'environnement et la génétique.

Quand la mère donne de l'affection à son enfant, le cerveau du poupon répond en sécrétant, entre autres choses, de la sérotonine. Ce neurotransmetteur, responsable de l'humeur, active ensuite une cascade de protéines qui reconnaissent et activent des gènes spécifiques.

L'humain ne serait donc pas déjà programmé à la naissance. Des facteurs extérieurs, tels les médicaments ou l'interaction avec la mère, peuvent influer sur l'expression de son bagage génétique de façon réversible, sa vie durant.

Les enfants qui n'ont pas été assez stimulés risquent d'être génétiquement désavantagés. L'équipe du Dr Szyf pourrait bientôt publier une étude portant sur le cerveau de personnes qui se sont suicidées et qui ont eu une enfance marquée par des abus. Les résultats préliminaires sont probants. Les récepteurs hormonaux du cerveau des suicidaires sont moins actifs que la normale.

Les études du Dr Szyf profiteront aux recherches portant sur l'asthme, l'obésité, la schizophrénie, mais aussi sur le traitement du cancer. «C'est beaucoup plus encourageant pour un cancéreux d'avoir un gène suppresseur de tumeur inactif que muté, parce que, au moins, on peut faire quelque chose», explique-t-il.

Petite révolution

Parce qu'elles décloisonnent les sciences sociales et les sciences naturelles, les recherches du Dr Szyf créent une petite révolution dans le monde universitaire. Une commotion qui obligera peut-être les scientifiques à retourner sur les bancs d'école. «Les chercheurs en sciences sociales vont devoir prendre des cours de biologie et les biologistes vont devoir étudier les sciences sociales», lance-t-il, un peu provocateur.

Comme tous ceux qui ébranlent les idées reçues, le professeur de McGill a dû se frotter à la vieille garde. «Au début, mes recherches étaient accueillies avec de la résistance, raconte le chercheur, qui travaille sur le sujet depuis 1973. Mais je crois que maintenant c'est bien accepté... Pas tout ce que je fais, mais certaines choses.»

Note de la rédaction: cette recherche démontre encore une fois à quel point l'environnement offert à l'enfant est important, tout comme son alimentation. La proximité et la stimulation donnent leurs fruits en contribuant au développement de l'enfant, vraisemblablement en favorisant une amélioration de son capital génétique.


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