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Obésité: un effet de la flore intestinale?

Plusieurs chercheurs viennent de mettre en évidence un effet possible des bactéries de la flore intestinale sur la régulation du poids corporel. L'obésité actuelle pourrait ainsi être liée à une activité trop efficace de cette flore intestinale… //Lu sur e-sante.be le 12 novembre 2008, par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste.

Des études récentes ont suggéré que la composition de la flore intestinale pourrait prédisposer au stockage d’énergie et donc au gain de poids. Un groupe de chercheurs finlandais s’est intéressé aux relations entre l’évolution de la flore intestinale dans l’enfance et l’apparition de surpoids ou d’obésité. L’hypothèse: l’évolution de l’homme aurait modifié la flore intestinale de telle manière que l’extraction de l’énergie des aliments est désormais maximale…

Des flores différentes selon le poids

Pour étayer cette hypothèse, les scientifiques finnois ont analysé les données d’une étude qui a suivi des enfants à partir de l’âge de 6 mois pendant une durée moyenne de 7 ans. A plusieurs reprises, la flore fécale des enfants était analysée, et les données de 25 enfants en surpoids ou obèses ont été comparées à celles de 24 enfants de poids normal (contrôle), sur la base de critères très stricts.
L’analyse microbiologique des selles des enfants montre que chez les enfants de poids normal, le nombre de bifidobactéries (les "bifidus") est supérieur à celui des enfants ayant développé un surpoids ou une obésité pendant l’enfance (2.19 vs 1.20 milliards de cellules/gramme de selle). D’autres analyses ont confirmé ces résultats.
A l’opposé, les enfants en surpoids ou obèses présentaient dans leurs selles un nombre plus important de Staphylococcus aureus (0.64 vs 0.27 millions de cellules/gramme de selle), une "mauvaise" bactérie, responsable de plusieurs types d’infections.

Les Bifidus protègent

Les différences de flore intestinale semblent donc précéder l’apparition du surpoids. Un nombre élevé de bifidobactéries et un nombre faible de S. aureus dans les selles seraient potentiellement des facteurs protecteurs vis-à-vis du surpoids et de l’obésité.
Cette découverte confirme des résultats antérieurs récents, notamment ceux établissant un lien entre allaitement maternel, durée de cet allaitement et risque de surpoids. Les bifidobactéries, selon les auteurs, seraient le lien entre l’allaitement maternel et le moindre risque de développement du surpoids.
Ces résultats pourraient ouvrir de nouvelles pistes quant à la manière de prévenir et de traiter le surpoids et l’obésité, notamment chez les enfants. Ils demandent cependant encore confirmation à plus grande échelle: le "régime probiotique" n’est pas encore né...

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